Le Portrait, L’Autoportrait En Peinture

Note préambulaire : l’article suivant n’a pas la prétention d’enseigner l’Histoire du Portrait, mais présenter simplement quelques raisons pour lesquelles j’affectionne ce genre.

Le portrait est l’interprétation artistique d’une personne, de ses traits aussi bien que de sa personnalité, par des moyens diverses pouvant aller de la mimésis au cubisme. Jusqu’à l’apparition de la photographie, le portrait était le seul moyen graphique de représenter et conserver l’image d’une personne. C’est pourquoi par usage, il est généralement attendu qu’un portrait représente son sujet avec suffisamment de fidélité pour que ce dernier soit reconnaissable. À ce titre le portrait est un genre délicat de la peinture ou plutôt du dessin sur lequel il repose. Les yeux et le cerveau sont tellement habitués à voir et analyser des visages qu’un simple défaut dans les traits passe rarement inaperçu quand bien même sa découverte soit inconsciente à l’observateur.

Si le portrait a longtemps était réservé aux puissants, j’affectionne tout particulièrement ceux des anonymes. Les portraits de Fayoum qui ornaient autrefois les momies de la fin de l’Égypte antique font partis de ceux là. Même s’il est supposable qu’il s’agisse avant tout de personnes aisées, leur image est neutre de toute influence biographique. Par l’incroyable finesse technique, ces personnes qui nous sont séparées de près de deux millénaires, semblent à la fois si proches par leur humanité et si éloignées par leur époque. Leur regard demeure vivant à travers la mort et font émaner de nous une forme d’humilité. Plus que de simples peintures, ces portraits font échos à notre condition et nous questionne sur notre legs à l’Humanité.

Le Caravage recourrait à des modèles vivants pour assurer la composition de ses tableaux. Ceux-ci étaient des gens simples, des artistes, des mendiants, des prostitués. La peinture réaliste donne à ces visages une finesse et une vie qui offrent à ces anonymes (ou presque) un soupçon d’immortalité et de célébrité bien au-delà de leur siècle. Mais il y a derrière leurs traits, une histoire, une vie qui s’est écoulée dans l’oubli mais qui laisse possible à l’imagination de la faire revivre.

Portrait Caravage Judith Decapitant Holopherne

Cette citation de l’humaniste polymathe Leon Battista Alberti, résume les propos précédents : « de rendre présents ceux qui sont absents, mais aussi, après plusieurs siècles, presque vivants ceux qui sont morts. »

La peinture de portrait a cette longue histoire qui dure depuis des siècles et elle ne saurait être remplacée par l’arrivée récente de la photographie. Si cette dernière est capable de magnifiques portraits particulièrement émouvants, son image n’est pas modelée par l’Homme. Un portrait peint, c’est l’Homme qui recrée l’Homme, et dans chaque coup de pinceau il y a l’appropriation de l’autre, un dialogue silencieux, et une plongée dans la nature humaine.

L’autoportrait est un cas particulier du portrait puisque comme son nom l’indique portraitiste et sujet sont une seule et même personne. Parfois dissimulé au milieu d’une scène parfois seul sujet du tableau, l’artiste peut trouver dans l’autoportrait le moyen de se mettre en scène et de soigner son image. Si un certain nombre d’autoportrait montre sobrement l’artiste posant palette et pinceaux en main pour asseoir son état, d’autres font preuve d’originalité. Ainsi Rembrandt n’hésite pas à utiliser des déguisements pour mieux promouvoir son image et tout en laissant libre d’interprétation sur l’emploi fortuit de certains accessoires.

Courbet utilise le portrait pour se forger une image, une personnalité à la limite du mythe, même si dans il vient nuancer ses propos dans son autoportrait Le Désespéré et semble cette fois vouloir dévoiler sa vraie nature et non son paraître tel qu’il le révèle dans une lettre à son ami Alfred Bruyas : « Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume, et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire »

Gustave Courbet - Le Désespéré

Ainsi dans la continuité de cette longue tradition, je me suis essayé à l’élaboration succincte d’autoportraits dont vous trouverez dans le liens suivants quelques exemples.

Eugenia Diordiychuk

Un crayonné aquarellé du mannequin ukrainien Eugenia Diordiychuk. La dilution des pigments s’est faite à l’aide d’un pinceau à réservoir d’eau qui permet un contrôle fin assez intéressant.

Eugenia Diordiychuk 1

Eugenia Diordiychuk 2

Eugenia Diordiychuk — crayon aquarelle indigo sombre Albrecht Dürer, Faber-Castell

Étude d’après Mars, Terra Sirenum

Il s’agit d’une étude d’aquarelle à partir de Terra Sirenum une région de l’hémisphère sud de la planète Mars. L’intention n’est pas de reproduire à l’exactitude la photographie originale, mais de retrouver les motifs abstraits qu’elle dégage en travaillant des textures sur peinture sèche et humide.

Aquarelle abstraite d'après Terra Sirenum, Mars

Étude de textures abstraites à l’aquarelle d’après une photographie d’une région de Mars : Terra Sirenum

Dessin aquarellisé

Encore une petite digression entre deux travaux d’un dessin réalisé au crayon aquarellable afin de trouver un juste équilibre entre l’aspect crayonné et l’aspect dilué.

Dessin aquarellé d'une femme assise, jambes croisées

Crayon aquarellable, Bistre — Albrecht Dürer, Faber-Castell

Portrait crayonné

Un portrait crayonné rapidement. Son profil met en avant l’élégance de son nez et de sa lèvre retroussée. Le modèle est prénommée Kirinian.

Portrait crayonné

Portrait crayonné, Stædtler B